Prénom : Loïc Durand

Âge : 28 ans

Métier : Journaliste

Sport préféré : Football

Mon rêve ultime de sport : participer à une campagne européenne de l’AC Ajaccio

Raconte-nous ce que tu fais de si particulier ?

Je rencontre beaucoup de personnes lors de mes déplacements qui me félicitent ou qui me disent : « Franchement, respect pour tout ce que tu fais, c’est incroyable ». Et j’aime bien leur répondre : « Je fais rien de particulier, je vais juste voir des matchs de foot, il n’y a rien de fou ». Mais c’est vrai que ça interpelle les gens que je fasse autant de route pour aller voir des matchs de l’AC Ajaccio en Ligue 2. Mais pour moi, c’est juste normal.

Combien de Kilomètres effectué avec ta 106 ?

Pour ceux qui ne me connaissent pas, je fais tous les déplacements pour voir jouer l’ACA avec ma vieille Peugeot 106 de 1994, qui est ma seule et unique voiture jusqu’à maintenant. Elle a 335 000 kilomètres et j’en suis à plus de 110 000 kilomètres rien que pour les matchs de l’ACA. J’ai donc fait 2,5 fois le tour de la Terre pour suivre mon club.

Tu reprendras une 106 quand elle te quittera ?

C’est le grand dilemme que j’ai actuellement. Je sais qu’elle ne sera pas éternelle… J’hésite entre continuer la légende en reprenant une 106 et faire un trait sur le confort ou bien acheter une voiture récente et être plus tranquille, sans avoir peur de tomber en panne à chaque fois…

Tu prends seulement les nationales où aussi les autoroutes ?

J’ai l’habitude de partir tôt les jours de match pour prendre le temps de prendre les nationales. Pour plusieurs raisons. Déjà pour faire reposer la 106, ça la force moins de prendre les nationales, et puis bon, elle ne monte pas systématiquement à 130 km/h. Ensuite, c’est histoire de faire des économies. Sur un déplacement, en ne prenant pas les autoroutes, je peux économiser jusqu’à 50 euros. Donc si on fait le calcul sur 25 déplacements sur toute la saison, ça fait pas mal d’économies. Et puis enfin, c’est plus agréable de prendre les petites routes, c’est moins monotone et ça me fait découvrir de jolis petits coins.

Tu fais du co-voiturage pour amortir les frais ?

Non, jamais de covoiturage. Il m’arrive de partir avec d’autres supporters de l’ACA mais la plupart du temps, je suis tout seul. Et je ne veux prendre personne d’extérieur : je veux garder ma liberté. Seul, je peux partir quand je veux, m’arrêter quand je veux, écouter la musique que je veux et prendre mon temps.

Fais-tu beaucoup d’autres matchs ou d’autres évènements sportifs ?

L’AC Ajaccio prend la majeure partie de mon temps. Je n’ai pas le temps de m’attarder sur les autres équipes ou autres sports. Je le faisais avant, mais plus maintenant.

Quel est le match le match plus rocambolesque jusqu’à présent ?

Le match le plus rocambolesque, c’est sans doute celui contre Evian Thonon-Gaillard, le 15 janvier 2016. Déjà parce que la route jusque là-bas avait été longue. On arrive dans le parcage, nous sommes 4, il fait un froid de canard, le parcage n’est pas couvert et il commence à neiger. Il neige tellement que le match est arrêté. Les minutes passent et la rencontre ne reprend pas. On commence à s’inquièter et à se dire que le match sera remis au lendemain. Finalement, le match reprend dans des conditions incroyables, on voyait juste les lignes et le ballon orange. Au final, l’ACA gagne 2-0, un joueur vient me filer son maillot à la fin du match. Sur la route du retour, la neige reprend de plus belle. Fatigué, je m’arrête dormir sur une aire de repos. Mauvaise idée : il y a 10 cm de neige sur mon pare-brise quand je me réveille. Je réussis à m’en sortir tout de même et j’ai ensuite suivi la déneigeuse pendant 2h sur l’autoroute à 50 km/h. C’était très long.

Le meilleur souvenir ?

Je n’ai que des bons souvenirs en déplacement avec l’ACA. Je retiens forcément les stades où l’ambiance est incroyable, comme à Strasbourg ou à Lens mais aussi où nous sommes bien accueillis, à Lens par exemple, où les supporters sont d’une rare gentillesse. Ils t’accueillent comme si tu étais l’un des leurs. Et puis il y a les matchs où l’ACA a remporté de grosses victoires, comme le 6-1 à Sochaux ou le 4-2 au Mans récemment.

Le pire souvenir

Je n’ai pas de pire souvenir. Dans chaque déplacement, je retiens quelque chose de bon et de positif. Les rares déplacements que j’ai le moins aimé sont ceux où le parcage visiteurs ne nous était pas ouvert car nous n’étions « pas assez ». Heureusement, c’est arrivé très peu de fois, à Tours, Valenciennes ou Brest.

Le plus compliqué ?

Il remonte sans doute aux barrages de montée en Ligue 1 en mai 2018. L’ACA venait de remporter le play-off contre Le Havre, après les soucis que tout le monde connaît. On attendait les sanctions de la LFP. On savait que le match contre Toulouse allait se jouer à huis-clos et dans un stade neutre, mais on ne savait pas où. On a su ça la veille de la rencontre, à 15h. A 18h, j’embarquais sur le bateau depuis Ajaccio pour Toulon. Ce barrage allait se jouer à Montpellier. J’ai tout tenté pour rentrer dans le stade, mais il n’y avait aucune solution. J’ai fini par regarder cet ACA-Toulouse à la Mosson, depuis l’extérieur du stade, accoudé à une grille depuis laquelle on voyait la moitié de la pelouse. J’ai vécu ce match avec un supporter toulousain qui faisait le grand chelem. Malgré la défaite 3-0, c’était un bon souvenir.

Et-tu seul à chaque fois ?

Non, il est même très rare que je sois seul en parcage visiteurs. Cela m’est arrivé à Lorient ou à Laval mais la diaspora corse sur le continent est assez nombreuse et éparpillée. Je retrouve donc des collègues dans presque tous les stades de France.

Vous êtes combien en moyenne en parcage ?

Dans les coins les plus reculés du pays, on peut être 2 ou 3. Quand on se rapproche de Paris ou des grandes villes où la diaspora corse est plus importante et où l’accès en avion pour les supporters venus d’Ajaccio est plus facile, on peut se retrouver à une cinquantaine.

Ta plus grosse fierté ?

Ce n’est pas vraiment une fierté mais un contentement personnel : je suis heureux de pouvoir bâcher et afficher les couleurs de mon association et de l’ACA dans tous les stades du pays, que cela soit en championnat, en Coupe de France, en Coupe de la Ligue ou même en amical.

As-tu des contacts privilégiés avec des joueurs de l’ACA ?

A force de côtoyer l’équipe, j’ai réussi à me faire une place particulière à l’ACA. Tout le monde me connaît, tout le monde me salue et certains viennent discuter avec moi. C’est l’avantage de supporter un club familial et accessible comme l’ACA. Cela ne serait pas possible avec l’OM ou le PSG par exemple.

Tu as un objectif en nombre de matchs à faire ?

Mon objectif est de continuer mes déplacements le plus longtemps possible. Pour le moment, je n’ai pas d’enfants et un travail qui me permet d’avoir une grande liberté, donc j’en profite. Mais je sais qu’un jour, malheureusement, je devrais rater au moins un match.

Tu es dans un club de football ?

Je joue dans le même club depuis que j’ai 6 ans, l’US Saint-Victor. Aujourd’hui, je suis entraîneur joueur, en équipe B seniors et je suis également vice-président du club.

Joueur préféré de l’ACA ? Actuel et passé

J’ai toujours adoré les « loosers magnifiques », les joueurs que personne n’aime, qui ne sont pas les meilleurs du monde, mais qui ont quelque chose en plus. Je pense à Dennis Oliech ou à Moussa Maazou. Dans un autre registre, il y a l’idole Memo Ochoa, qui est sans doute le meilleur joueur a être passé par l’ACA. Aujourd’hui, je n’ai pas forcément de joueur préféré dans l’équipe. Je l’aime tous de tout mon cœur.

Qui aimerais tu voir descendre/montée (pour les déplacements) dans le cas où l’ACA ne monte pas ?

L’AC Ajaccio fait une bonne première partie de saison, donc j’ai encore l’espoir que le club monte. La saison prochaine, j’aimerais bien « visiter » de nouveaux stades où je ne suis jamais allé comme à la Matmut Atlantique de Bordeaux, au Groupama Stadium de Lyon ou à l’Allianz Riviera de Nice. Pour les clubs de National, j’aimerais retourner à Francis-Le-Basser de Laval, l’un de mes stades préférés, et découvrir les stades de Toulon et de Dunkerque par exemple.

Combien « d’amis » tu t’es fait grâce à ces déplacements ?

Je retrouve des amis différents dans tous les stades, tous les quinze jours. Des amis que je retrouve une ou deux fois (voire plus) chaque saison. Et c’est à chaque fois un plaisir. On est tous amis dans notre groupe de supporters I Sanguinari, qui compte une dizaine de membres actifs.

Est-ce que le club te sollicite (d’une quelconque manière) ?

Pas encore. Mais pourquoi pas un jour ?

Vis tu de ta passion ?

Pas du tout. Je vis pour ma passion, plutôt.

As-tu des sponsors ?

Pas encore. Mais peut-être un jour, surtout avec le développement de ma chaîne Youtube où je filme certains de mes déplacements. Je remarque que mes contenus plaisent de plus en plus.

Quel métier exerce-tu à côté ?

Je suis journaliste indépendant. Je peux travailler quand je veux, d’où je veux. C’est un grand avantage pour faire des déplacements aux quatre coins du pays. Pourvu que ça dure le plus longtemps possible !

Un conseil pour les personnes voulant faire pareil que toi ?

Le plus beau compliment qu’on m’a fait jusqu’à maintenant (et on me l’a fait plusieurs fois), c’est quand on me dit : « Grâce à toi, j’ai fait un déplacement pour suivre mon équipe » ou alors « Tu m’as donné envie d’aller au stade ». Il ne faut pas reculer devant les difficultés. Avec de l’organisation, un déplacement peut coûter moins de 50 euros, c’est moins qu’une soirée en boîte de nuit et vous en garderez de biens meilleurs souvenirs.

Un nouveau classement à venir après celui des buvettes et des toilettes ?

Il y aura peut-être celui des « meilleurs accueils » dans les stades de Ligue 2. Et il risque d’y avoir des surprises !

Ton objectif de vie ?

Comme je l’ai dit plus haut, je veux continuer mes déplacements le plus longtemps possible, je veux voir l’ACA en Ligue 1 de nouveau, je veux les voir faire un long et beau parcours en Coupe de France et mon rêve de supporter est de faire un déplacement dans un pays lointain pour un match de Ligue Europa de l’ACA. Et puis pourquoi pas, plus tard, écrire un livre sur mon expérience de supporter.

Le mot de la fin ?

N’ayez pas peur d’aller au stade, rapprochez-vous des groupes de supporters de vos clubs, faites vivre vos stades, suivez votre club partout dès que vous le pouvez et vibrez au rythme de votre équipe préférée. Vous vivrez votre meilleure vie possible.

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